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Interview de Pierre Charlemagne, aide-entraîneur du mineur dans l’école de glace (en U7) et commentateur des matchs de la Magnus

du 14 mai 2021 au 21 mai 2021

Comment est venue ta passion pour le hockey ? Est-ce que cela date de l’enfance ?

Alors pas du tout. Petit, j’ai essayé beaucoup de sports car j’étais (et je suis toujours) un passionné de sport mais aussi un grand curieux.

Ma première approche du hockey date de mon adolescence, mais en tant que spectateur : avec les copains, on allait souvent voir et encourager notre ami Loïc sur la glace de la patinoire d’Epinal.

 

Quel événement t’a fait basculer dans le hockey en particulier ?

Le hasard des rencontres. Je suis motard et c’est un de mes amis (encore une fois), motard lui aussi, Christophe Pasini, membre du KOP des Eagles Forts (les Kops sont les clubs de supporters les plus actifs, ndlr*) qui m’a proposé d’aller voir un match de hockey. C’était il y a une dizaine d’années. J’y suis allé avec ma copine d’alors (qui est devenue ma femme) et j’ai assisté à un match. Puis deux, puis trois, quatre… et ça ne m’a jamais quitté. Je suis entré, en toute logique, dans le club de supporters, et je m’y suis rapidement fait une place. On m’a par exemple nommé administrateur de la page Facebook du fan-club. Assez disparate, je me suis attaché à la structurer :  j’ai organisé la page, j’ai publié des lives de matchs, créé des affiches pour les scores, les buteurs, les matchs à venir… Bref je me suis donné à fond dans cette nouvelle passion dévorante.

 

De supporter, comment en es-tu venu à t’impliquer dans la vie même du club associatif ?

C’est très simple, j’ai eu mon premier enfant, Damian ! Il a très vite baigné dans le monde du hockey et il a demandé à tester la glace. Il était motivé, plein de bonne volonté. Il est monté sur les patins à 4 ans ½ et tout lui a plu : le sport, les copains, s’amuser ensemble, le côté équipe. C’était parti pour lui ! Et pour moi. Car de mon côté, j’ai donc décidé de m’impliquer aussi sur la glace, chose que je ne faisais pas jusque-là.

 

Comment s’est passé ce cap de « supporter dans les gradins » à « sur la glace » ?

 

J’ai commencé par suivre une formation de deux jours, le « Module A », formation proposée par la FFHG, et qui m’a permis de devenir ce qu’on appelle « aide-entraîneur ».

 

A quoi sert cette formation ?

 

On y apprend les bases du hockey évidemment, mais surtout le fonctionnement de l’enfant, les étapes de son développement moteur, ce qu’on peut lui demander à tel âge ou pas… C’est une formation très intéressante, capitale même, qui devrait être proposée aux parents (en version plus courte) car elle leur permettrait de comprendre ce que nous faisons avec les enfants sur la glace.

Il ne s’agit pas seulement de hockey, et de technique (ça viendra plus tard) mais avant tout d’être à l’aise dans son corps et dans l’espace. N’oublions pas que nous travaillons avec des tout-petits, il faut faire les choses étape par étape, avec respect du développement cognitif et moteur de l’enfant, si nous voulons construire des joueurs avec de solides bases techniques et mentales.

 

Peux-tu nous décrire ton rôle en tant d’aide-entraîneur ?

 

Il est capital. Sur la glace, si l’entraîneur est épaulé par un ou plusieurs aides-entraineurs, cela lui permet de créer des ateliers où nous allons travailler en petits groupes sur un point bien précis (l’équilibre, la dissociation entre les bras et les jambes, la flexion des genoux…). Plus nous sommes nombreux sur la glace avec les enfants, et mieux nous pouvons travailler de manière ciblée et efficace. Nous sommes également là pour répondre aux questions des parents, régler les petits conflits, aider les enfants à nouer leurs patins… En gros, nous sommes polyvalents, formés et animés par la flamme du hockey.

 

Que préfères-tu dans ce rôle à multiple facettes ?

 

Sans hésiter, le contact et les échanges avec les enfants. C’est formidable de les voir s’éclater et s’épanouir sur la glace. C’est aussi l’idée que parmi eux il y aura peut-être un champion qu’on aura eu la chance de voir grandir et d’aider à progresser.

Mais j’aime aussi l’esprit associatif et sportif du club. Ce sont pour la plupart des bénévoles chevronnés qui exercent de multiples fonctions avec passion et amour du hockey. Et puis je reste un grand supporter dans l’âme des Rapaces, j’y suis très attaché.

 

Comment vois-tu l’évolution du hockey mineur en France ?

 

Il y a un bon point à souligner, c’est que les ligues mineures ont effectué depuis plusieurs années un énorme travail au niveau de la formation (des entraîneurs, des aides-entraîneurs…). Nous avons par ailleurs à notre disposition des outils que nous n’avions pas auparavant, comme des kits d’entraînement pour les enfants qui souhaitent faire un essai dans le hockey sans forcément prendre une licence derrière.

Il y a aussi des points à améliorer, comme la communication. La crise du Covid 19 nous aura au moins appris une chose capitale : il faut intégrer le digital et le déployer. Durant le confinement, des outils digitaux formidables ont été mis en place, notamment par Mickaël Perez. Des entraînements en ligne qui ont généré des milliers de vues. Il faut continuer dans ce sillage et développer la communication digitale.

 

Quel est le plus gros défi du hockey mineur selon toi ?

 

Il faut faire monter en puissance les recrutements des enfants en bas âge. Ce n’est pas à 13 ou 14 que l’on commence à former un bon hockeyeur, c’est dès la plus tendre enfance. Si on ne le fait pas, on risque de se retrouver avec des groupes de U15 ou U17 avec des trous : il n’y a pas assez de joueurs et il faut en recruter ailleurs, chose qui est compliquée. Les U5 ou les U7 sont les maillons essentiels d’une chaîne qui va jusqu’au U17 ou U20, voir vers le professionnel. Et c’est sur les enfants qu’il faut miser. Si nous effectuons un bon travail avec un bon groupe dès le début, ce travail est bénéfique pour tout le reste de la chaîne.

 

Comment peut-on procéder pour accomplir ce défi ?

 

Il y a deux façons de faire : le hockey ball (une présentation du hockey sur glace dans les écoles avec une initiation crosse/balle) et le recrutement à la patinoire, au sein de l’école de glace, lors de journées spéciales. Pour ces deux points, il est essentiel 1/ d’être structurés, 2/ de donner envie aux enfants de revenir 3/ de leur distribuer flyers et goodies pour qu’ils en parlent à leurs parents et reviennent à la patinoire car ils y auront passé un bon moment entre copains.

 

Tu es aussi commentateur pour les matchs de la Magnus, comment vis-tu ce rôle ?

 

Ce rôle est très différent, car je dois d’abord faire descendre toute l’adrénaline du supporteur de Gap qu’il y a en moi pour commenter de manière factuelle, rapide et objective un match qui se déroule sous mes yeux. Ça n’a pas toujours été facile au début, mais il faut prendre sur soi, apprendre de ses erreurs et en sortir grandi. Aujourd’hui, commenter un match ne me pose plus aucun souci d’impartialité et les gens apprécient beaucoup ma manière de commenter, mon bagou.

J’ai aussi eu l’occasion de commenter des matchs non pas avec mon coéquipier habituel Stéphane, mais avec Benjamin Issertine, qui lui est entraîneur. J’ai trouvé cela très intéressant d’avoir ce double regard, avec la vision tactique et technique de Ben. D’ailleurs j’aimerais réitérer cette expérience, avec des entraîneurs mais aussi des joueurs sur le banc de touche qui pourraient intervenir en tant que consultant. Le hockey et les fans en sortiront grandis de nouvelles connaissances selon moi !

 

 

 

Milena Poncik